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4/03 2011

Le réseau social : enjeu de développement personnel

Une des questions qui revient le plus souvent est celle de ce qu’il va falloir ajouter à l’existant. Ajouter un outil, ajouter des tâches et ajouter des habitudes nouvelles.

Autant être brefs sur les deux premier points. Ajouter un outil…soit. Mais s’il fait sens par rapport aux besoins des collaborateurs, qu’il correspond à une manière de travailler, qu’il s’inscrit dans leur flux de travail et ne les oblige pas à se disperser la question est rapidement évacuée. De nouvelles tâches…justement plus l’outil est proche du flux de travail moins il ajoute de tâche. Il capture des actions, sert de canal à des informations qui auparavant étaient échangées ailleurs par des moyens moins appropriés. Maintenant, restent les habitudes nouvelles.

Dire ce que l’on fait et partager ses bonnes pratiques, ses astuces. Essayer de trouver la bonne personne ou la bonne information lorsqu’on fait fasse à une difficulté. Apporter de l’aide à une personne proche dont on voit qu’elle est en difficulté. Créer du lien autour de soi, mettre en relation des personnes dont on pense qu’elles peuvent s’apporter quelque chose. Essayer de se rapprocher de personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt pour partager avec eux.

Sont-ce vraiment des habitudes nouvelles ? Peut être dans le monde de l’entreprise. Etonnant paradoxe qui fait que l’entreprise aimerait que ses salariés soient “naturels” et que ceux ci n’y parviennent que difficilement dans le contexte professionnel. Preuve s’il en est que tout est d’abord affaire de management, de culture, de projet d’entreprise.

Le terrain le confirme. Ceux qui tirent le meilleur des réseaux sociaux (grand public ou internes) dans leur vie n’ont rien changé à leurs comportements : ce sont souvent des personnes ouvertes et curieuses et qui ont transposé dans le monde “numérique” des pratiques qui étaient déjà les leurs et se sont servis des outils comme d’un démultiplicateur. Il en va de même sur la composante “communautaire” de ce que l’on nomme aujourd’hui le “social business” : il n’est pas de communauté qui vit en ligne qui n’existe “dans la vraie vie”. Si un groupe de personne n’a rien à se dire ou ne peut se le dire lorsqu’ils sont ensemble, l’outil n’y changera rien.

La question est donc d’abord d’apprendre à transposer des pratiques “de la vraie vie” dans la vie en ligne puis de faire qu’elles aient du sens et servent le collaborateur dans un contexte d’entreprise donné.

De passage à HEC, Sam Palmisano, le PDG d’IBM a dit :

Mon conseil est assez simple : ayez à la fois un horizon d’intérêt large et approfondissez vos domaines d’excellence.
Bien sûr, vos professeurs d’HEC vous demanderont peut-être uniquement d’approfondir. J’ai envie de leur dire : lâchez leur la grappe. Et vous, allez faire du réseau social, non pas en ligne mais dans des bars.

La “networking” attitude se développe d’abord dans la vie et se transpose ensuite sur différents médias et dans différents contextes. La transformation en cours, et inéluctable, des entreprises ne fera pas l’économie d’un effort sur le développement personnel.

Quel chantier stratégique pour les RH !

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