Il est intéressant de se pencher sur l’historique du “social software” dans l’entreprise afin de bien comprendre les enjeux d’aujourd’hui, maintenant qu’il est possible de voir les choses avec un peu de recul.
Au départ le “social” était réseau. Autrement dit, il était représenté dans le système d’information de l’entreprise par un logiciel de réseau social au sein duquel se déroulaient toutes les activités et interactions rentrant dans le spectre de l’activité en réseau et de ce qu’on nommera de manière large les “communautés”.
Avec le temps une conclusion s’est imposée : si la dimension communautaire est vitale pour donner de la transversalité à l’entreprise et la décloisonner, une grande partie des activités dites “en réseau” doivent être plus intimement liées aux modes opératoires de l’entreprise, aux process dans le cadre desquels l’individu intervient pour résoudre des problèmes et prendre des décisions et, pour y parvenir, doit pouvoir mobiliser des expertises, savoirs, personnes disséminées hors de son périmètre traditionnel. Puisque la valeur se crée à l’intersection des activités traditionnelles et des interactions dites “sociale”, il fallait donc sortir le “social” de sa bulle et le rapprocher des outils métier.
Est alors venue la tendance du “logiciel socialisé”, entendons par là l’outil métier qui embarque une brique sociale permettant de fluidifier les interactions autour des processus qu’il gère. Avec là encore une limite : on crée autant de silos sociaux qu’il existe d’applications métier et on enterre d’espoir d’un décloisonnement de l’entreprise et des échanges inter-métier à grande échelle.
Tirant parti de toutes ces expériences un consensus est en train de voir le jour sur le fait que le “social” ne doit pas être réduit à un logiciel mais à une couche de fonctionnalités, de capacités, à mettre en œuvre à travers l’ensemble du système d’information, dans le contexte de travail du l’utilisateur, pour lui apporter ce dont il y a besoin, là où il en a besoin. Une telle approche permet à la fois de mettre de l’intéraction dans la communication de l’entreprise tout en gardant son caractère “corporate”, d’outiller et d’articuler aussi bien des dispositifs communautaires hors flux de travail et des dispositifs autour de ces mêmes flux sans créer de nouveaux silos. Un seul réseau, un seul profil mais des fonctionnalités qui deviennent des services à intégrer de manière pertinente là où elles dont du sens.
Au delà c’est un paradigme nouveau qui voit le jour :
• ne plus distinguer les outils “sociaux” et “pas sociaux” mais penser outils de travail tout simplement.
• de même pour l’information et les contenus : ils ne sont pas “sociaux ou pas” mais pertinents dans un contexte ou non.
• ne plus enfermer l’information dans un silo applicatif mais la mettre à disposition pour lui permettre d’avoir un cycle de vie à travers le SI sans que l’utilisateur n’ait à combler le manque de passerelles entre le lieu où l’information est émise et celle où il va la traiter avec d’autres.
• ne plus traiter l’information sous l’angle quantitatif mais sous l’angle qualitatif (l’information qui à du sens suggérée, mise en avant, là où elle en a).
• ne plus penser ajout mais intégration
En somme ne plus penser en tant que produit à installer et utiliser mais de solution pour l’utilisateur finale. Elle peut être faite d’un mix de services délivrés par différents produits, peu importe. L’essentiel est d’être à même de disposer de la capacité de mettre en œuvre des usages donnés où et quand ils sont nécessaires.
Tags: collaboration, contexte, décision, intranet, réseaux sociaux, résolution de problèmes, sens, services, social software, solution, système d'information, usages



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