S’il existe une tendance incontestable dans le monde de l’intranet c’est bien son évolution d’un outil de communication interne descendante à un outil de travail (en passant par une phase intermédiaire d’outil de mise à disposition de l’information). Et cela change beaucoup de choses quant à ses modalités d’accès. On passe d’un outil dont on peut se passer et donc dont la consultation peut être limitée par quelques contraintes matérielles à un outil nécessaire au travail de chacun qui ne peut plus s’accommoder de ces contraintes.
Dans un monde de plus en plus mobile on ne peut en effet se satisfaire d’une situation où une personne ne peut prendre connaissance d’une information ou agir parce qu’elle n’est pas dans son bureau, parce qu’elle n’a pas la bonne machine en face d’elle ou parce que l’outil utilisé ne donne pas accès à toutes les fonctions utiles.
Ce besoin de mobilité pour les collaborateurs a été résumé en un acronyme qui traduit bien la réalité des contraintes professionnelles aujourd’hui : ATAWAD.
• Any time
• Anywhere
• Any Device
N’importe quand, n’importe où, sur n’importe quel terminal.
Ce qui ne manquera d’entrainer des questionnements inévitables si on veut mettre le collaborateur en capacité d’être efficace en n’importe quelle situation, d’agir contre la frustration de devoir faire quelque chose sans pouvoir matériellement le faire tout en s’inscrivant dans une démarche respectueuse de ce même collaborateur, notamment dans le cadre de la lutte contre le stress au travail.
• N’importe quand : oui…mais dans la limite du raisonnable et des horaires de chacun. Ce qui pose la question de la différence entre obligation et faculté et sera indéniablement un sujet RH inévitable dans les années à venir.
• N’importe où : ce qui pose la question de l’équipement et de la connectivité du collaborateur.
• Sur n’importe quel terminal : ce qui pose la question d’une expérience utilisateur cohérente quel que soit le terminal utilisé, du choix des fonctionnalités à rendre disponible sur tel ou tel appareil en fonction de leur utilité dans un contexte d’utilisation donné et, bien sur, de la sécurisation des informations.
Nous y ajouterons un quatrième volet :
• N’importe quelle action : il n’est plus question de limiter l’accès en mobilité à la consultation de pages, c’est également la partie applicative et la possibilité d’”agir” qui est concernée. A estimer en fonction des usages requis et réalistes en mobilité en fonction d’un type de terminal donné.
On le voit bien la question de la mobilité est essentielle en termes opérationnels mais ne se résume pas à “rendre les choses accessibles” ou à la mise à disposition d’applications ou de sites mobiles aux fonctionnalités dégradées voire ne fonctionnant pas de la même manière selon le périphérique. C’est d’une vraie stratégie du travail en mobilité dont il est question avec la mise en place d’une couche de mobilité cohérente et globale au niveau du SI et non pas seulement d’initiatives isolée visant telle ou telle de ses composantes.
Un chantier à entamer d’urgence pour prendre le temps de se poser les bonnes questions.
Tags: applications métier, applications mobiles, ATAWAD, expérience utilisateur, intranet, mobilité, ressources humaines, sécurité, usages



[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Bertrand Duperrin, Nicolas Kleiber, pminguet, Nextmodernity, Frederic GILBERT et des autres. Frederic GILBERT a dit: RT @bduperrin: La mobilité : un enjeu crucial pour l’intranet http://bit.ly/he7DYf [...]
[...] De la même manière, les entreprises interrogées favorisent de plus en plus la mobilité en proposant des accès à distance à l’intranet (75% des entreprises) et en mettant à la disposition de ses employés des outils dédiés. Nous avions déjà évoqué l’enjeu que représente la mobilité pour les projets intranet ici. [...]