Article details 2 comments
9/02 2011

Mes conclusions sur Lotusphere 2011

Le temps passe et il est temps que je “rende” les clé de la tribune qu’on m’a aimablement offerte sur ce blog le temps de Lotusphere. Il y a beaucoup à dire et les médias spécialisés ont déjà eu le temps de décortiquer la chose dans tous les sens sans qu’il n’y ait grand chose à y ajouter. Voici donc mes conclusions synthétisées derrière quelques mots ou concepts qui me semblent illustrer ce que je retiens de l’événement et, au delà, par la vision et les produits qu’on a pu y découvrir.

• “Outcome”

C’est un des premiers qu’a prononcé Alistair Rennie lors de l’Opening General Session. Anodin ? Non, a mon avis plein de sens. On a trop et trop longtemps représenté les phénomènes de “collaboration et réseautage social” dans l’entreprise comme quelque chose ayant sa logique propre et constituant une bulle d’usages nouveaux. Rappeler que l’objectif est de délivrer des “outcomes” remet les choses à leur place. Il ne s’agit pas de collaborer ou networker pour le plaisir de le faire, comme si ces choses étaient leur propre finalité, mais pour exécuter et délivrer quelque chose. Ce qui nous amène au point suivant.

• “Métier”

Conclusion du point précédent : le social a d’autant plus de valeur qu’il s’articule autour des activités métier, sauf à parier que les salariés vont d’eux même jouer le rôle de middleware entre les applications, ce qui ne correspond pas à leur niveau de maturité d’une part et représente un véritable gâchis en termes de ressources d’autre part. On voit donc le réseau social pénétrer les applications métier (Cognos par exemple) comme la possibilité offerte à tout outil (même de tierces parties) de générer des évènements (via le social business toolkit) qui viendront rejoindre l’activity stream du collaborateur qui représente l’évolution à long terme de sa boite mail. Quoi de plus logique lorsqu’on sait que le besoin de collaboration nait en général d’un événement “métier” dont on prend connaissance dans un outil spécifique.

• “Convergence” et “abstraction”

Multiplier les signaux est une chose, les gérer en est une autre. La question fondamentale est donc de faire en sorte que le collaborateur ne se disperse plus entre une foule d’outils quitte, car c’est ce qui arrive souvent, à se reconcentrer sur deux ou trois d’entre eux et oublier les autres. C’est une des raisons qui fait que malgré de grandes qualités intrinsèques nombre d’outils nouveaux n’arrivent à trouver leur place entre les deux centres de gravité constitués par la boite mail et l’outil métier. Or la valeur d’une information n’a rien à voir avec sa source (mail, crm, erp, “social”). Il s’agit donc de ramener tous les signaux en un lieu unique où ils seront “actionnables” et où le collaborateur pourra les traiter sans changer d’outil ni avoir à rompre son flux de travail. C’est le sens de “Project Vulcan” et la direction que prend Notes. Ce faisant IBM propose une couche d’abstraction unificatrice entre les différents outils de collaboration, de communication, les logiques métier structurées et non structurées. En somme, l’endroit où tout se retrouve, pour le plus grand bien du collaborateur, de son attention et de sa productivité.

• “Intelligence” et “attention”.

Tout rassembler pose un problème : ne va-t-on pas crouler sous l’information encore plus qu’on le fait aujourd’hui ? C’est un risque réel. En rassemblant tout on s’assure de ne pas rater la “bonne” information parce qu’on aurait délaissé l’outil où elle réside ou le canal par lequel elle transite. Reste ensuite à prioriser. J’ai été impressionné par l’importance accordée à deux choses, à la fois dans les produits actuels mais, plus encore, au niveau des projets des labs qui devraient rapidement se concrétiser dans les produits. Il s’agit de l’inclusion d’une forte dose d”intelligence” dans les produits afin de classer, prioriser les informations d’une part et, de manière générale, tout ce qui touche au management de l’attention du collaborateur dans un monde de flux d’information. Car s’il est une ressource rare à ne pas gâcher aujourd’hui c’est bien celle-ci.

Un risque existe toutefois : à force de se voir “pré-macher” ce travail de filtrage, ne va-t-on pas perdre toute opportunité de découvrir des signaux faibles dont on mesure chaque jour davantage l’importance ? Je ne le pense pas car, de toute manière, on n’a que peu ou pas de temps à consacrer à leur découverte et leur traitement aujourd’hui. Il s’agira donc davantage d’une question de discipline personnelle et d’éviter de sombrer dans une certaine paresse. A surveiller toutefois…

• “Ouverture”

Tout cela n’est possible qu’avec une certaine forme d’agnostisme technologique. Autrement dit, ça n’est pas parce qu’on est une solution “propriétaire” qu’il faut enfermer l’entreprise dans son écosystème. De toute manière espérer ne travailler que dans un environnement mono-fournisseur relève de la pure utopie. Je laisse aux spécialistes le loisir de vous parler d’APIs et de disséquer Social Business Toolkit et Social Business Framework mais l’idée est bel et bien de faire en sorte que ça ne soit plus à l’utilisateur de jouer les passerelles entre les outils. Il était temps.

• “Mobilité”

La mobilité était également au coeur de nombre de réflexions. Tout d’abord pour des nécessités qu’il n’est pas utile de rappeler ici. Ensuite parce qu’il est impératif de fournir une expérience utilisateur de qualité quelle que soit la plateforme utilisée. On parle souvent de la fin du mail, je pense plutôt qu’il change de nature (et son client avec lui) comme je l’ai évoqué plus haut (voir aussi ici). Mais l’email avait un avantage : il était assez “léger” pour être utilisé de manière fluide sur n’importe quel terminal même avec une connectivité faible ce qui n’est pas, à mon avis, aujourd’hui le cas de toutes les applications ou services “webisés” accessibles sur mobile. Un travail de fond doit donc être fait sur l’expérience utilisateur “cohérente” et “unifiée” de ces outils quels que soit la manière et le terminal sur lesquels on les utilise. Là encore des choses intéressantes ont été montrées.

• “Spectre collaboratif”

Au fur et à mesure que l’on explore les usages et les confronte aux besoins des entreprises on se rend bien compte que la collaboration est une réalité protéiforme. Elle peut être très structurée (autour d’outils métiers, de BPM), totalement informelle (communautés, réseaux), à mi-chemin (advanced case management) et, dans chaque cas, on doit être en mesure de faire se rejoindre la logique “sociale” et la logique collaborative. Différents outils, soit, mais le besoin de les articuler et les faire travailler ensemble pour répondre aux besoins des entreprises plutôt que les enfermer dans une logique unique qui adresse parfaitement une situation et oblige à “bricoler” pour le reste”. On commence ici vraiment à voir des choses cohérentes qui ont du sens. A suivre…

Que dire pour conclure ? Que ce Lotusphere est certainement un acte fondateur de ce que sera le social business, l’entreprise 2.0 et, disons le, l’entreprise tout court dans les années à venir. Ces annonces ressemblent à un travail de synthèse fait sur de nombreux signaux plus ou moins faibles qui n’étaient que les leçons apprises de plusieurs années de découvert des outils sociaux à plus ou moins grande échelle dans les entreprises.

Maintenant la mise en œuvre risque d’être complexe lorsqu’on voit tout ce qu’il faut prendre en compte pour assembler toutes ces briques. D’un autre coté c’est le lot de tous les projets structurants. Plus qu’un projet d’outil collaboratif il s’agit d’un projet d’entreprise et d’une réflexion sur de nouveaux modèles de création de valeur. Une co-construction des modes de travail et de la technologie. Un domaine où rien ne s’improvise ni n’arrive par hasard.

La route qui mène à la “Next Entreprise” est encore longue mais, pour une grande entreprise qui doit adresser de multiples problématiques de manière cohérent, elle devient de plus en carrossable et rectiligne.

Avant de vous quitter et retourner vaquer à mes occupations sur mon propre blog, je voudrais remercier les personnes d’IBM et Lotus France qui m’ont dit “puisque tu y vas…tu n’as qu’à tenir sur notre blog une chronique avec la vision du praticien et de quelqu’un d’extérieur”. Quelque chose de relativement courageux, d’autant plus qu’il n’y avait ni workflow ni modération a priori ou a posteriori de ce que j’écrivais. Merci donc pour cette tribune et pour tous les efforts déployés à Orlando pour me permettre de rencontrer les “bonnes” personnes afin de pouvoir creuser certains sujets. Mention spéciale pour Renaud Raffaelli pour son aide, son ouverture et sa disponibilité.

Il est l’heure pour moi de “rendre les clé de la maison”. Bonne route à l’équipe d’EmpowerPeople.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Related posts

 

 

USER COMMENTS

Track comments via RSS

  1. 9/02 2011

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Bertrand Duperrin, cecil dijoux, nicod92160, Claude Super, thierry_lefort et des autres. thierry_lefort a dit: RT @bduperrin: Depuis #ls11: Mes conclusions sur Lotusphere 2011 http://bit.ly/eKPjXK [...]

  2. 9/02 2011

    Excellente synthese qui montre bien la porosite du collaboratif au sein du systeme d’information des entreprises. Bravo Bertrand!!

Additional comments powered by BackType