Si la notion de réseau est vieille comme le monde, le fait de pouvoir porter le réseau en ligne a fait naitre énormément d’opportunités et d’attentes. Le réseau ne vaut et ne vis que par les interactions entre ses membres et le fait qu’il puisse trouver sa place sur les serveurs de l’entreprise ou ailleurs a permis de s’affranchir de nombres de contraintes jusqu’alors rédhibitoires. Plus besoin de la sacro sainte unité de temps et de lieu pour que le réseau et les communautés vivent : le “en ligne” permet l’asynchrone, fait tomber les murs et raccourcit les distances jusqu’à les annuler.
De là à imaginer une croissance quasi organique de la “composante réseau” de l’entreprise et l’éclosion de communautés à tour de bras il n’y avait qu’un pas qui fut allègrement franchi…avec des résultats purement aléatoires.
Le déploiement d’un réseau social n’est pas qu’un projet informatique. Il relève d’une démarche de co-construction des pratiques professionnelles, des rapports humains et de l’infrastructure outil. Aussi bien notre expérience interne que celle de nos clients nous confirment que le second point de la liste ne doit en aucun cas être négligé. La dématérialisation des rapports ne doit pas faire oublier quelques principes fondamentaux dont on ne peut s’affranchir et qu’il est de bon ton de rappeler à quiconque se lance dans l’aventure.
1°) Le virtuel nait d’abord du réel
Lorsqu’on démarre un projet, inutile de chercher quelles communautés, quelles pratiques de réseautage mettre en place. Il faut partir de ce qui existe vraiment dans le quotidien de l’entreprise. Si des personnes n’ont aucune raison ni volonté d’interagir “dans la vraie vie” il n’y a aucune chance qu’elles le fassent en ligne. Par contre, ceux qui ont une expérience commune riche sont les plus à même de la retranscrire en ligne.
2°) Le virtuel comble les lacunes du réel
Il est des groupes de personnes qui n’interagissent pas (ou peu) en réel mais le feront en ligne : ce sont ceux qui partagent un intérêt commun mais n’ont pas les outils pour s’identifier et se regrouper car ne partageant pas le même espace de vie, de travail. Chez eux le besoin existe mais il a besoin d’outils pour se transformer en pratiques concrètes. Par contre il importe de ne pas confondre la cause et la conséquence : l’outil permet la satisfaction d’une attente pré-existante mais ne la crée pas. Conséquence, lorsqu’on désire mobiliser ses salariés sur un sujet : inutile de les regrouper dans un espace virtuel et leur expliquer comment intéragir. Il faut faire naitre, d’abord, le besoin d’apprendre, de s’intéresser au sujet en question, d’échanger dessus…ensuite l’outil jouera son rôle. Mais c’est l’intérêt et le besoin d’échanger qui sont déclencheurs, pas l’outillage de la démarche. Par contre l’outil permet, une fois qu’un intérêt et une volonté d’échanger existe, de rendre les choses possibles.
3°) Le virtuel stimule le réel.
Observer ces écosystèmes numériques nous apprend enfin une chose : ils ne sont pas un substitut aux vraies rencontres et, à la limite les stimulent. Un groupe qui existe “in real life” continuera d’avoir besoin de rencontres, tenter de totalement le “virtualiser” amènera soit à lui faire perdre son énergie soit à refuser la démarche. Quant aux groupes qui se forment en ligne autour d’une envie commune, ils sont plus demandeurs que jamais de rencontres “physiques”. Il faudra donc penser à favoriser toute initiative allant dans ce sens : rencontres en plus ou moins grand comité selon qu’il est facile ou non de les rassembler, événements synchrones en ligne (tchat ou mondes virtuels…).
En somme, il ne faut pas perdre de vue que dans un espace en ligne, ceux qu’on appelle souvent “utilisateur”s sont avant tout des êtres humains et gardent les mêmes réflexes…
Tags: adoption, communautés, réel, réseaux sociaux, virtuel



[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Bertrand Duperrin et APRENTIV'CONSEIL, EDS. EDS a dit: RT @bduperrin: Reading : Le réseau social : en ligne, mais pas seulement… http://bit.ly/dWqH8J [...]