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24/11 2010

Comprendre l’enjeu de l’”ambient awareness” et des flux d’activité en entreprise

Une des choses qui surprend, voire désarçonne, le plus les personnes qui découvrent un réseau social est le fameux “activity stream” d’un utilisateur auquel on peut s’abonner. Au final, celui qui s’abonne voit défiler devant lui le flux des activités de ceux qu’il suit :

- untel a écrit dans un blog

- untel a partagé un lien

- untel a dit “je recherche un contact dans tel domaine pour un client…”, “j’ai tel problème à régler vite sur un projet”

-…..

Au départ on se sent submergé par ce flux incessant dont on ne comprend ni l’utilité ni la valeur à tel point qu’on considère rapidement qu’il est une source de confusion et de perte de temps. A moins de prendre les choses par le bon coté, ne pas le confondre avec une boite de réception d’email et tirer le maximum du potentiel de cette manière un peu nouvelle de recevoir l’information.

L’activity stream est, en effet, moins un outil d’information au sens traditionnel du terme (je dois lire et réagir) qu’un outil de découverte et de prise de conscience. Comprenez qu’il n’a pas vocation a être un outil d’échange et de conversation formalisé, s’inscrivant dans le cadre d’échanges formalisés, mais un outil de mise à disposition d’information. D’ailleurs il serait plus juste de parler de signaux que d’information.

Un signal est quelque chose qu’on capte…ou non. Tout dépend du niveau de vigilance du moment, de la disponibilité, de l’intérêt pour un sujet précis….et de la curiosité de chacun. Que permet il ? De se faire une idée de son environnement professionnel.

Pour ceux qui auraient, et c’est normal, un certain inconfort voire de l’appréhension par rapport à cela, il faut faire la parallèle avec notre vie de tous les jours. Nous parlons là de la vie “réelle”, “physique”. Nous passons notre temps à prendre des informations auditives, visuelles, tactiles et olfactives de notre environnement pour s’en faire une représentation. Parfois, de manière plus consciente, nous forçons sur un sens ou l’autre pour faire face à une situation précise. Ce sont ces éléments qui nous permettent de nous mouvoir sans heurter les murs, d’avoir les informations qui nous permettront, par réflexe, d’éviter de se faire renverser par un vélo qui arrive par derrière ou nous fera enlever la main d’une plaque brulante. C’est également des informations, des sensations qui nous permettent de détecter des opportunités, fondent certains de nos choix.

Les “activity streams” nous donnent le même type d’information mais par rapport à notre univers dématérialisé, informationnel, numérique. C’est ce que l’on nomme l’”ambient awareness”. S’agissant d’outils d’entreprise on pourrait même être tenté de renommer “business awareness” cette représentation de notre environnement professionnel, de notre environnement de travail, que l’on se fait sur la base de signaux émis par d’autres dans le cadre de leurs activités professionnelles. On comprend dès lors facilement la valeur qu’on peut tirer de savoir qui travaille sur quoi, qui a telle question etc… ce qui peut nous éviter des erreurs, des efforts de coordination et d’échange au sein d’une équipe….et, de manière imagée, de se faire renverser par un véhicule dans le cadre de notre travail qui repose de plus en plus sur la captation, l’analyse, la manipulation et la transformation d’information et de signaux. Sans parler d’identifier rapidement les opportunités de collaboration internes…

Certains y voient même les prémices d’une sorte de “Business Intelligence” individuelle.

Alors, bien sur, se pose la question du temps et de l’attention nécessaire au suivi de ces flux d’information. Avec plusieurs types de réponses :

- certaines d’ordre technique : il est important de pouvoir sélectionner et filtrer les flux que l’on suit dans le cadre de son travail…et parfois déplacer le curseur en fonction de ses priorités du moment, du groupe de personne que l’on veut suivre.

- d’autres sont d’ordre plus comportemental et cognitif. Si l’on observe les utilisateurs avancés de ce type d’outil dans l’entreprise ou d’outils grand public de type twitter on remarque une chose. Tous vous diront ne pas suivre leur flux en permanence, ne pas en faire un pôle d’attraction. Par contre, une lecture en diagonale à l’occasion leur permet immédiatement, intuitivement, de savoir si quelque chose mérite une réaction et, au final, ils arrivent à se faire une représentation assez pertinente de ce qui se passe en lisant un très faible pourcentage de l’information. Comment expliquer cela ? De la même manière qu’on peut regarder autour de soi dans la rue sans rien chercher de spécial et avoir l’oeil attiré par un élément précis qui a du sens à un moment donné. Qui tente l’expérience se rend compte que le cerveau humain fait relativement bien le travail dans ce domaine, sans même qu’on en ait conscience.

Quoi qu’il en soit, on ne peut arrêter un train en marche. Alors autant comprendre où il nous amène, ce qu’il nous apporte et comment le conduire afin d’en tirer le meilleur.

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  1. 29/11 2010

    [...] « Comprendre l’enjeu de l’”ambient awareness” et des flux d’activité en… [...]

  2. 9/12 2010

    [...] avions récemment abordé les outils de microblogging internes sous deux angles : la notion d’ambient awareness d’une part, et la spécificité des usages d’entreprise d’autre part. [...]

  3. 18/04 2011

    [...] avions déjà parlé de l’impact interne de tels outils.  Nous ne pouvions résister à l’envie de partager celle-ci sur des usages [...]

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