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19/11 2010

Lancer un réseau social et lancer des communautés : quelles différences ?

Lancer un réseau social d’entreprise est une tâche qui demande un minimum de travail, de préparation et, surtout, de compréhension des usages et leviers en question. S’agissant d’un domaine encore nouveau où les bonnes pratiques sont émergentes et les certitudes encore rare dans les entreprises, il importe de faire les bons choix si on ne veut pas s’engager dans une impasse.

Dans les fait, on se lance souvent dans cette démarche nouvelle en mélangeant le fait de lancer un réseau social et le fait de lancer des communautés. C’est fort logique dans la mesure où tous les outils de réseaux sociaux comportent une dimension communautaire et qu’on considère, souvent à juste titre, que l’un ne va pas sans l’autre, ne peut réussir sans l’autre. Il s’agit en effet de deux notions complémentaires quoique différentes.

Toutefois,  chacune de ces dimensions nécessite une approche spécifique pour bien démarrer.

Regardons les communautés tout d’abord. A priori elles se passent fort bien de réseau social : il suffit d’être en mesure de fournir des espaces permettant de les accueillir, les outils leur permettant de bien échanger et communiquer et le tour est joué. Mais on se heurte à des limites : l’incapacité pour les individus de “se trouver” entre eux en fonction de leurs intérêts pour fonder une communauté, l’incapacité pour les communautés d’existantes d’identifier des membres potentiels à solliciter voire l’incapacité des membres d’une communauté à mieux se connaitre hors de leurs échanges.

Plusieurs moyens permettent de s’affranchir de ces limites : tout d’abord le fameux “profil” riche, ensuite la capacité donnée aux individus de se se trouver et se lier entre eux par affinité et communauté d’intérêts. Cette partie est adressée par le réseau social.

Alors, puisque les deux dimensions sont livrées ensemble au sein des offres de réseau social, où se situe le problème ?

Il arrive que l’objectif d’un pilote soit de valider l’un ou l’autre de ces points. Par exemple la dimension réseau social. On peut avoir pour mission de validé la capacité des uns et des autres à se connecter et le caractère réaliste de cette proposition dans le cadre d’une entreprise donnée. Cela ne signifie pas pour autant que l’équipe projet ait les moyens de s’attaquer au lancement de communautés, voire que ce soit dans sa feuille de route.

Or, pour que le réseau fonctionne, il faut des fiches profiles “riches”, remplies de manière qualitatives, non seulement par les données officielles de l’entreprise mais également par des informations fournies par le collaborateur et, idéalement, par son activité sur des outils internes dits “sociaux”, à savoir participation à des communautés, à des wikis, à des blogs etc… Le profil, sans activité sociale, demeure vide et peine alors à jouer son rôle de “véhicule de la connexion entre les individus.

Hors activités “sociales”, et même lorsque celles-ci ne sont qu’émergentes, il est essentiel donc de sécuriser la dimension réseautage par la qualité des profils riches. Cela peut se faire en faisant de l’utilisation du profil un passage obligé dans l’identification des personnes ce qui implique non seulement une liaison avec l’annuaire d’entreprise et, idéalement, qu’il se substitue à lui sur l’intranet. Le réseautage permettant, ensuite, de renforcer et stimuler la participation, la dimension communautaire.

Le profil se retrouve donc être, de fait, le point de convergence entre les activités sociales “contributives et consultatives” des collaborateurs et leurs activités de réseautage et d’identification des autres.

Que retenir de tout cela ?

• La dynamique communautaire peut a priori se passer de réseautage.

• Le réseautage est un catalyseur de communautés

• Lorsque l’activité communautaire est faible ou naissante, il est d’autant plus impératif de rendre le profil, élément clé du dispositif, incontournable et richement alimenté par les données de l’entreprise et les collaborateurs.

• En tout état de cause, le profil, pour jouer pleinement son rôle, gagne a ne pas subir de concurrence : au départ adossé à l’annuaire il gagne à devenir la seule représentation de l’annuaire visible des utilisateurs.

• Un projet réussi marie donc un travail à la fois sur la partie annuaire et networking d’une part, et un travail spécifique sur la dimension communautaire d’une autre part. Se focaliser sur l’un et négliger l’autre pénalise le dispositif, crée des lourdeurs dans le changement et l’adoption des outils et empêche de bénéficier de synergies bénéfiques.

• L’erreur à ne pas commettre : vouloir travailler la dimension réseautage en déconnectant le projet de la dimension annuaire et sans avoir les moyens, le temps ou pour mission de travailler en profondeur la mise en place de dynamiques communautaires.

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